18.07.2019

Violences conjugales : Trait d'Union incite les femmes à libérer leur parole

L'association d'aide aux victimes propose un accompagnement social, juridique et psychologique .

Depuis le début du mois, elles sont environ une dizaine à avoir poussé la porte de Trait d’Union, l’association d’aide aux victimes à Saint-Martin. Une dizaine de femmes à avoir eu le courage de dénoncer des faits de violences conjugales dont elles ont été victimes.

«Certainement que la récente actualité en métropole autour des féminicides a contribué à ces visites», confie l’un des juristes à Trait d’Union. A ce jour, 76 femmes sont mortes en France depuis le début de l’année suite aux coups portés par leur conjoint, une situation qui a poussé Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, à organiser le 3 septembre prochain un Grenelle des violences conjugales.

A Saint-Martin, il n’y a pas de cas officiellement connus de femmes décédées après avoir été battues. Néanmoins, les violences conjugales sont un réel fléau localement. De la gifle aux coups de poing ou pied, les violences sont multiples et ne sont pas uniquement physiques. «On l’a vu récemment, un homme a confisqué la carte bancaire à sa compagne. Parfois, il y a une emprise financière, la femme est sans cesse rabaissée par le mari, etc. Les violences peuvent aussi être psychologiques et exercées par l'ex-conjoint», précise Trait d’Union.

Tabou durant de longues années, le sujet est de plus en plus évoqué, la parole des femmes se libère de plus en plus. Preuve en est, les femmes qui ont rencontré les membres de l’association locale ces derniers jours ont réagi après le premier incident ; d’une manière générale, les victimes attendent plusieurs mois, voire années, avant de demander de l’aide.

Lutter contre les violences est l’une des priorités de l’association d’aide aux victimes créée en décembre 2015. Son action principale dans ce domaine est l’accompagnement des femmes. «Nous offrons un accompagnement pluridisciplinaire, à savoir social, juridique et psychologique », explique un juriste. Une femme bénéficie ainsi d’une écoute, peut s’entretenir avec un médecin et reçoit des conseils pour dénoncer ces faits considérés comme un délit pénal par la loi française. «Souvent, on s’aperçoit qu’elles ne bénéficient pas des droits auxquels elles peuvent prétendre. Nous les aidons ainsi dans ces démarches sociales. De même, nous leur conseillons de prendre un avocat pour se défendre en leur qualité de victime lors du procès du conjoint auteur des coups, cela est important qu’elles soient représentées. Nous leur expliquons aussi la démarche d’aide juridictionnelle si elles en ont besoin», détaille un membre de l’association.

L’accompagnement de Trait d’Union peut aller plus loin si la situation est grave. «Nous pouvons saisir le juge pour qu’il prenne une ordonnance de protection, c’est-à-dire des mesures provisoires pour protéger la victime. Cela peut être par exemple une mesure ordonnant à l’homme de quitter le domicile, pour qu’il soit ainsi éloigné de la victime », précise un juriste. Le maintien de la victime au domicile conjugal est demandé car le nombre d’hébergements dans des structures adaptées est très limité, seul le Manteau est habilité et n’a une capacité que de douze lits. De plus, en l’absence d’une convention avec la collectivité, l’association peut prendre à sa charge des nuits d’hôtel pour que la victime soit éloignée de son conjoint le temps de trouver une solution.

Par ailleurs, des séances de yoga sont proposées aux femmes par la psychologue dans le cadre d’une thérapie.

Enfin, Trait d’Union travaille au développement d’une application mobile à partir de laquelle les victimes pourront la contacter plus aisément. Elles pourront également y trouver diverses informations pratiques et juridiques.

Contact de l'association : 0690 37 84 01. Permanence dans les maisons de service public.

Estelle Gasnet