05.09.2023

Irma mon amour, nouvel ouvrage de l'auteur Errol Nuissier et de Patricia Lépine

Errol Nuissier, né en Guadeloupe, psychologue clinicien, expert judiciaire, enseignant de lettres et de sciences humaines à l’université des Antilles a écrit dernièrement un ouvrage qui se penche sur la résilience face à une catastrophe naturelle, Irma mon amour dont le titre est un rappel du roman Hiroshima mon amour de Marguerite Duras.

Errol Nuissier n’en est pas à son coup d’essai en tant qu’écrivain. Il a déjà publié plusieurs ouvrages, d’analyses psychologiques de la société créole, abordant la psychologie des sociétés créoles ou encore les violences dans les sociétés créoles.

Irma mon amour n’est pas dans les habitudes d’écriture d’Errol Nuissier, mais c’est sa compagne Patricia Lépine* qui l’a initié à se lancer dans cette aventure. Selon lui, Irma mon amour est en partie «le roman de Patricia». C’est la première fois que le couple écrivait ensemble. «Spontanément j’écris plutôt des romans de psychologie sociale, psychopathologie, celui-ci ne fait pas partie de ma direction habituelle, cependant ce roman permettait de retranscrire sous une forme romanesque ce que nous avons vécu pendant Irma», confie Errol Nuissier.

En effet, Errol Nuissier et Patricia Lépine travaillaient à Saint-Martin au moment d’Irma. Patricia, était en mission en tant que responsable de la gestion de l’immobilier pour la construction et la reconstruction de l’île. Lui était également en mission en tant que prestataire pour EDF pour accompagner les salariés de l’entreprise et également un travail de médiation auprès de la population. Les deux ont vécu pleinement cette période et ont voulu, de manière romanesque, rendre hommage.

C’est ainsi qu’ils ont imaginé le personnage d’Amelia, une jeune femme née à Saba mais qui a grandi à Saint-Martin. Dans la friendly Island comme l’appelle-t-on et ses multiples nationalités, lieu où « l’écriture se mélange », Errol Nuissier et Patricia Lépine ont souhaité mettre en lumière avec justesse et réalisme une profonde réflexion sur les blessures, les traumatismes et le processus de reconstruction qui découlent d’un événement comme l’ouragan Irma.

«Dans le chaos ambiant causé par l’ouragan, les pillages se multiplient, laissant la population à l’abandon. Coincée sur l’île, sans nouvelles de son amant, Amelia ne se sent plus en sécurité. Ses craintes se confirment lorsqu’elle se retrouve mêlée à un vol. Prise dans un tourbillon incontrôlable où tout l’accuse, Amelia saura-t-elle se disculper et repartir de l’île ? », interroge l'ouvrage. Dans cette situation, cette jeune Saint-Martinoise d’adoption devra choisir entre la liberté et l’amour.

Dans le roman, on y retrouve également la diversité culturelle du territoire également la mise en lumière de la femme à travers sa force, battante qui affronte la vie sans baisser les bras mais aussi celle qui vit des relations compliquées avec les hommes, la déception, l’échec mais qui demeure toujours debout malgré ce qu’elle traverse.

Irma mon amour est le témoignage de la résilience des Saint-Martinois grâce à leur richesse culturelle, la solidarité, estime Errol Nuissier. Néanmoins, Saint-Martin connaît également des problématiques comme le trafic d’armes, une réalité que reconnait l’expert judiciaire. Pour autant, «Saint-Martin est une expérience humaine, extrêmement forte », soutient-il.

La première de couverture de l’ouvrage est un tableau d’une peintre antillaise, Patricia Nollia. «Nous avons souhaité que ce soit une femme qui l’illustre, elle a accepté le défi de faire le tableau sans avoir lu le livre, mais uniquement à travers ce que nous lui racontions », indique l’auteur.

Errol Nuissier et Patricia Lépine donnent rendez-vous aux Saint-Martinois le samedi 9 septembre prochain à l’hôtel Hommage à la Baie Nettlé à 18h pour un temps d'échanges. Ils proposent une conférence-débat qui se déroulera en deux temps autour de la résilience et de l’aspect psychologique de l’être humain après avoir vécu une catastrophe naturelle.

En attendant, l’ouvrage est disponible ici. Des exemplaires seront présents lors de la conférence-débat, une séance de dédicace est également prévue.

*Née en 1972 et diplômée de l’IEP de Bordeaux, Patricia Lépine, cadre supérieure de la fonction publique en Guadeloupe, est attachée à la culture antillaise et aux sujet de la résilience.

Siya TOURE